Pourquoi avons-nous oublié comment bien respirer ?
Nous vivons une époque où nous devons réapprendre à faire ce que le corps savait autrefois faire sans y penser. Dormir est devenu une science. Manger, une succession de protocoles. Marcher, une donnée comptabilisée par nos téléphones. Et respirer, une pratique à part entière, avec ses cours, ses applications et ses méthodes. Ce qui relevait autrefois de la physiologie la plus élémentaire semble progressivement être devenu quelque chose que nous devons réapprendre. Pourtant, nous respirons près de 20 000 fois par jour sans avoir à y penser. Alors comment expliquer l'essor du breathwork, de la cohérence cardiaque ou des exercices de respiration ? Avons-nous réellement oublié comment respirer ?
Pas exactement. Mais nos modes de vie ont profondément modifié les conditions dans lesquelles notre respiration s'effectue. Stress permanent, écrans, sédentarité, postures statiques, manque de mouvement : notre respiration s'adapte à notre environnement comme le reste de notre physiologie. Elle peut devenir plus rapide, plus haute, moins ample, jusqu'à ce que nous ne prêtions plus aucune attention à ce mouvement pourtant essentiel. Car respirer ne consiste pas seulement à faire entrer de l'air dans les poumons. La respiration est l'un des mouvements les plus fondamentaux du corps humain et participe, elle aussi, à la mécanique de la circulation lymphatique.
Pourquoi la vie moderne a changé notre façon de respirer
Pendant des millénaires, respirer s'inscrivait dans un corps en mouvement. Marcher, courir, porter, s'accroupir, travailler avec ses mains ou simplement évoluer davantage à l'extérieur mobilisaient continuellement le thorax, les muscles et le diaphragme. Nos corps, eux, n'ont pas changé aussi vite que nos journées. Nous pouvons désormais passer huit heures devant un ordinateur, nous déplacer assis, rentrer chez nous et continuer à regarder un écran. Le corps bouge moins et la respiration évolue avec lui. Une position assise prolongée modifie la mécanique du tronc, tandis que le stress peut modifier le rythme et l'amplitude de la respiration. À cela s'ajoute une forme d'activation devenue presque permanente. Notifications, informations, sollicitations professionnelles, charge mentale : notre système nerveux est continuellement appelé à répondre à quelque chose. Or la respiration est intimement liée à cet état interne. Elle s'accélère lorsque nous sommes en alerte, se suspend lorsque nous avons peur, s'apaise lorsque nous nous endormons. Le problème n'est donc pas réellement que nous ne savons plus respirer. Nous respirons en partie comme notre environnement nous demande de respirer. Et c'est peut-être précisément là que se trouve le problème.
Respiration diaphragmatique : respirer n'est pas seulement oxygéner
Nous réduisons souvent la respiration à un échange gazeux : inspirer de l'oxygène, expirer du dioxyde de carbone. Mais à chaque respiration, quelque chose de beaucoup plus mécanique se produit dans le corps. Le diaphragme, vaste muscle en forme de coupole situé sous les poumons, descend à l'inspiration puis remonte à l'expiration. Les côtes s'écartent, les pressions changent entre le thorax et l'abdomen, les viscères se déplacent légèrement avec le mouvement respiratoire. Autrement dit, respirer crée du mouvement. Et cette mécanique a des conséquences bien au-delà des poumons. Elle participe notamment à stimuler nos organes vitaux qui se situent autour du diaphragme, au retour veineux et aux variations de pression qui accompagnent la circulation de la lymphe. C'est ce qui rend la respiration diaphragmatique particulièrement intéressante : nous respirons avec nos poumons, mais le mouvement respiratoire concerne une grande partie du corps.
Quel est le rôle de la respiration dans la circulation lymphatique ?
Contrairement au sang, la lymphe ne possède pas de cœur central chargé de la propulser dans l'organisme. Les vaisseaux lymphatiques disposent de leur propre capacité de contraction et de valves permettant d'orienter la circulation, mais ils bénéficient également des mouvements qui les entourent. La marche, les contractions musculaires, les mouvements des tissus et les variations de pression provoquées par la respiration participent ainsi à cette mécanique générale. Le diaphragme occupe ici une position particulièrement intéressante. Le canal thoracique, principal collecteur lymphatique de l'organisme, remonte de l'abdomen vers le thorax avant de ramener la lymphe vers la circulation veineuse. À chaque respiration, les différences de pression entre ces deux espaces évoluent. Les recherches disponibles montrent que ces variations respiratoires peuvent influencer le débit et la pression lymphatiques. La respiration n'est donc pas « la pompe de la lymphe », comme on peut parfois le lire, et respirer profondément ne constitue pas un drainage lymphatique en soi. Mais elle fait partie des mécanismes naturels qui accompagnent le déplacement des fluides. Cela permet de regarder la circulation autrement.
La respiration, une médecine ancienne
Cette place donnée à la respiration n'a rien d'une nouvelle tendance wellness. Dans le yoga, le pranayama travaille consciemment le rythme et les différentes phases de la respiration. Dans les traditions chinoises, le qigong associe respiration, posture et mouvement dans une même pratique. Ces traditions utilisent des cadres qui ne peuvent pas être directement assimilés à la physiologie moderne : le prana ou le qi ne sont pas des synonymes scientifiques d'oxygène ou d'énergie cellulaire. Mais derrière ces différentes lectures du corps apparaît une intuition commune : la respiration n'est jamais totalement séparé du mouvement ni de notre état intérieur. Ce que nous redécouvrons aujourd'hui sous le terme de breathwork appartient donc à une histoire beaucoup plus ancienne.
Respiration et système nerveux
La respiration possède une autre particularité : elle se situe à la frontière entre l'automatique et le volontaire. Nous n'avons pas besoin de penser pour respirer. Pourtant, à n'importe quel moment, nous pouvons intervenir sur notre souffle. Ralentir. Inspirer plus amplement. Prolonger doucement l'expiration. Cette particularité en fait une voie particulièrement intéressante pour influencer notre état physiologique. Les recherches sur la respiration lente montrent notamment des effets sur la variabilité de la fréquence cardiaque et différents paramètres associés à la régulation du système nerveux autonome. C'est aussi quelque chose que nous expérimentons instinctivement. Face à une émotion forte, nous retenons notre souffle. Lorsque la tension retombe, nous soupirons. Pour calmer un enfant qui pleure, nous lui demandons spontanément de respirer. La respiration ne contrôle pas à elle seule le système nerveux. Mais elle constitue l'un des rares mécanismes automatiques sur lesquels nous pouvons intervenir consciemment. Dans une société qui entretient une activation presque continue, reprendre une respiration plus lente devient alors moins une technique de bien-être qu'une manière de réguler.
Comment retrouver une respiration plus profonde au quotidien ?
C'est précisément de cette réflexion qu'est né le Spray Respiration ILSE. Non pas pour apprendre au corps à respirer mais pour retrouver l'habitude d'une respiration plus ample et consciente. Une inspiration du Spray Respiration permet de prendre conscience à nouveau de ce qu'est une véritable respiration profonde. Parce qu'effectivement, nous avons oublié comment bien respirer. Le Spray associe différentes essences aromatiques de pin maritime, pin sylvestre, sapin, eucalyptus et menthe poivrée. Leur intensité aromatique invite à marquer une pause et à prendre une véritable inspiration. Il suffit de pulvériser, d'inspirer lentement puis d'expirer. Le Spray Respiration n'a donc pas été imaginé comme une nouvelle technique respiratoire. Il a été créé comme un rappel : respirer pleinement. Posé dans la salle de bain, sur un bureau ou glissé dans un sac, il transforme progressivement ce geste en rituel. Comme on pense à boire un verre d'eau ou à sortir marcher, le spray devient le signal qui rappelle de prendre quelques secondes pour réapprendre à respirer.
La forêt comme respiration
Il n'est probablement pas anodin que ce rappel passe par des plantes qui évoquent immédiatement la forêt. Il suffit d'entrer dans un bois après la pluie, de sentir les pins, les feuilles ou l'humidité végétale pour observer un geste presque instinctif : prendre une grande inspiration. La forêt est souvent décrite comme « le poumon de la Terre ». La métaphore est scientifiquement imparfaite, mais elle raconte quelque chose de notre relation au végétal. Par la photosynthèse, les plantes captent du dioxyde de carbone et libèrent de l'oxygène. Notre respiration s'inscrit, elle aussi, dans ces grands échanges du vivant. Faire entrer la forêt dans le geste respiratoire prend alors un autre sens. Le pin, le sapin, l'eucalyptus ne constituent plus uniquement une signature olfactive. Ils deviennent un rappel sensoriel de cet environnement dans lequel nous éprouvons presque spontanément l'envie de respirer plus profondément.
Réapprendre ce que le corps sait déjà
La respiration raconte finalement quelque chose de beaucoup plus large sur notre époque. Nous avons développé une quantité extraordinaire d'outils pour optimiser notre physiologie, alors même que nos modes de vie compliquent parfois les conditions les plus élémentaires de son fonctionnement. Nous cherchons à améliorer notre sommeil alors que nous manquons de nuit. À mieux digérer alors que nous mangeons devant des écrans. À faire circuler nos fluides alors que nous restons immobiles. À mieux respirer alors que nous passons nos journées contractés et sollicités. La réponse n'est peut-être pas toujours d'ajouter une nouvelle méthode. Elle consiste parfois à remettre le corps dans les conditions qui lui permettent de retrouver ce qu'il sait déjà faire : dormir, respirer, manger, marcher. Des gestes tellement élémentaires qu'ils pourraient sembler insignifiants. Pourtant, une grande partie de notre physiologie commence là.
