Margaux Castaing, énergétique et acupuncture traditionnelles chinoises
Margaux fait du soin un art de la reconnexion. Dans son parcours comme dans sa pratique, elle relie : les corps aux saisons, les énergies entre elles, les personnes à leur juste place. À travers l’acupuncture traditionnelle, Margaux remet de la circulation là où tout s’était figé et incarne une approche du soin fondée sur le care, l’écoute et le vivant.
Quel est ton parcours ?
Pendant près de vingt ans, j’ai évolué au cœur de l’industrie du luxe et des cosmétiques, au sein de grands groupes internationaux, dans un environnement à la fois stimulant et profondément exigeant. Le rythme était intense, presque ininterrompu : responsabilités croissantes, déplacements fréquents, décisions rapides, avec cette sensation persistante de vivre en apnée, portée par un mouvement qui ne s’arrête jamais. En parallèle, j’ai eu quatre enfants en huit ans. Et rétrospectivement, je mesure à quel point ce sont mes congés maternité qui m’ont permis de tenir. Chaque naissance ouvrait une parenthèse précieuse, un temps suspendu au cours duquel je pouvais ralentir, reprendre de l’énergie et me reconnecter à mon centre, à l’essentiel. Ces pauses étaient vitales. Sans elles, je ne pense pas que j’aurais pu maintenir ce rythme sur la durée.

D’où te vient ce lien à la famille et à la nature ?
J’ai grandi à la campagne, dans une maison très vivante, profondément habitée. Mes parents cultivaient un véritable sens de l’hospitalité : de grandes tablées, une maison toujours ouverte, des échanges, une forme de joie simple et partagée. Ma mère portait une attention particulière au beau, au geste juste, aux détails, comme ces petits bouquets cueillis dans la nature, posés là presque sans y penser, mais qui apportaient une poésie discrète au quotidien. Mon père, quant à lui, était vigneron. Nous avions une propriété en Provence où nous produisions notre propre vin pendant plusieurs années. Les mains dans la terre, le rythme des saisons, la liberté des journées passées dehors… Ce sont mes plus beaux souvenirs d’enfance. Cette sensation d’être exactement à ma place, en lien direct avec le vivant. Et ce besoin d’ancrage ne m’a jamais quittée ; il est resté là, profondément inscrit.
Comment es-tu passée de la campagne au luxe ?
Au départ, j’ai commencé des études de vétérinaire. Je montais à cheval, j’étais passionnée par les animaux, et il y avait déjà, très clairement, cette envie de prendre soin. Mais je me suis rapidement heurtée à un rythme de travail que je ne supportais pas, à cette impression d’être coupée de la réalité, du sensible, du corps. Je me suis alors réorientée vers la communication, puis vers le marketing retail et commercial, ce qui m’a conduite à intégrer l’industrie du luxe et de la cosmétique, chez Cerruti, Puig, Prada Valentino, L’Oréal. J’y ai énormément appris, tant sur le plan professionnel que personnel. Mais au fil des années, quelque chose s’est déplacé. Le rythme, toujours plus soutenu, m’éloignait peu à peu de mes valeurs profondes. Avec ce quotidien (un poste très engageant, quatre enfants, une vie dense) les moments d’épuisement étaient inévitables. Et j’ai compris que si je tenais encore, c’était grâce à deux piliers : mes enfants, et la nature. Tous les week-ends, nous partions dans notre maison de campagne dans le Perche. À peine arrivée, je laissais derrière moi les talons, le rouge à lèvres, les codes, pour enfiler des bottes et respirer à nouveau. J’ai longtemps gardé cette image en moi : un pied en talons hauts, un pied dans la terre. C’était mon équilibre de survie.
Quand est arrivée l’acupuncture dans ton histoire ?
Assez tôt, en réalité. Il y a quinze ans, lors de ma première grossesse, j’ai été suivie par une acupunctrice. Cette rencontre a profondément changé ma manière de percevoir mon corps. J’ai compris qu’il n’était pas un outil à contraindre, mais un allié, un espace de vérité et surtout qu’il ne mentait jamais. Plus tard, alors que je souffrais de problèmes de dos, j’ai rencontré une étiopathe. Pour la première fois, on ne me parlait ni de piqûres, ni d’opérations, ni de protocoles lourds, mais d’un équilibre à retrouver entre la tête, le cœur et le corps. Si ces trois dimensions ne sont pas alignées, le corps finit toujours par crier. Après ces séances, la douleur a disparu et n’est jamais revenue. Ce fut un tournant. Mais le véritable déclic est survenu lors d’un jeûne. En 2020, pour la première fois en vingt ans, j’ai dit stop. J’avais besoin d’un temps pour moi, pour penser, pour sentir. Je devais initialement partir en Chine pour un trek, mais le Covid a bouleversé les plans. Je suis finalement partie faire un jeûne à La Pensée Sauvage. L’expérience a été d’une puissance rare. On réalise à quel point le quotidien encrasse. Peu à peu, on redécouvre sa respiration, ses sensations. Et au milieu de la semaine, lorsque le mental décroche enfin, une clarté très brute apparaît. C’est dans cet espace que j’ai pris des décisions essentielles : quitter un mariage et un travail qui n’avaient plus de sens, et cesser de repousser une formation que je sentais appeler depuis longtemps. Un mois plus tard, je m’inscrivais en acupuncture, en parallèle de mon poste, et je lançais AMA, un écosystème de bien-être pensé pour relier le corps, les thérapeutes et des marques responsables. J’ai ensuite quitté l’entreprise, en pleine période post-Covid, et me suis retrouvée sans filet, un passage nécessaire pour m’engager pleinement dans ce nouveau chemin. AMA a continué à vivre et à se développer plusieurs années, avant de s’arrêter en 2025 pour des raisons familiales.
Tu te formes à l’acupuncture traditionnelle chinoise. Qu’est-ce qui te touche dans cette approche ?
Ce qui me touche profondément, c’est cette manière d’aller chercher la racine, plutôt que de s’arrêter au symptôme. Dans une approche symptomatique, on traite ce qui est visible. En médecine traditionnelle chinoise, on remonte à l’origine du déséquilibre, à ce qui, en profondeur, a perturbé la circulation. Deux personnes peuvent présenter un symptôme similaire sans pour autant partager la même racine. Il n’existe donc pas de réponse unique, mais un accompagnement sur-mesure, fondé sur l’écoute, la cohérence et le respect du rythme de chacun.
J’ai également eu la chance de pratiquer dans un hôpital à Hanoï. Ce qui m’a profondément marquée, c’est la collaboration naturelle entre pharmacopée (les plantes), acupuncture et médecine moderne. Tout coexiste, au même endroit, et les médecins utilisent ce qui est juste, selon les besoins. J’y ai vu des situations très fortes : un homme atteint de paralysie faciale retrouvant sa mobilité en quelques jours de traitement quotidien ou encore une jeune fille accidentée, opérée, puis accompagnée par l’acupuncture, les plantes et les massages, et qui remarchait rapidement. J’ai aussi été touchée par l’entraide, les familles présentes, les patients se massant entre eux. Une vision du soin profondément humaine, incarnée, vivante.
Peux-tu nous partager un ou deux gestes simples d’acupression ?
Il existe une infinité de points, et l’idéal reste toujours une approche personnalisée. Mais certains repères simples peuvent déjà accompagner le quotidien.
Le 36 Estomac (en dessous du genou), souvent appelé le point de la divine indifférence, est un point de grande sérénité : il redonne de l’énergie tout en apaisant. Le 6 Maître Cœur (en dessous du poignet) est un point précieux pour l’émotionnel, le psychisme et la digestion, et il est aussi très efficace contre le mal des transports. J’aime particulièrement le 7 Cœur (en dessous du poignet), un point saisonnier qui calme, favorise le sommeil et régule l’agitation intérieure.
Qu’as-tu aimé chez ILSE ?
Ce que j’aime chez ILSE, c’est cette manière très juste de parler le même langage que le corps : retrouver l’équilibre naturel par le mouvement, le drainage, la circulation, le respect du rythme. Il y a cette idée forte de remettre le vivant en mouvement, sans jamais forcer, sans brutalité. Et puis il y a le sérieux, la qualité, le respect du corps comme du vivant. Une cohérence globale, une intention claire. Dans l’univers du bien-être, c’est rare. Et c’est précieux.
Prise de rendez-vous
Soin confidentiel - Margaux Castaing - 06 16 56 63 64

