Portrait

Amandine Fornot, fondatrice du 48CC

Avec le 48Collagencafé, Amandine imagine le premier concept parisien de café augmenté : un lieu où boissons fonctionnelles, nutricosmétique et beauty tech transforment les rituels du quotidien en gestes de régénération. Bien plus qu’un simple coffee shop wellness, 48CC s’est imposé comme une référence de la nouvelle culture bien-être parisienne, entre innovation, esthétique et approche holistique du corps.

Amandine Fornot, fondatrice du 48CC

Peux-tu nous raconter ton parcours, notamment la naissance de 48CC ?

J’ai évolué dans l’univers de la beauté et du soin à travers mon agence de communication. J’ai accompagné des marques très pointues comme Patyka ou Filorga, travaillé avec des dermatologues, des chirurgiens, des médecins… J’ai toujours été fascinée par cette frontière très fine entre beauté, santé et art de vivre. Mais le déclic a été en 2015, lors d’un voyage à Los Angeles où j’ai découvert les premiers glow cafés : des lieux où l’on servait des boissons enrichies en adaptogènes, plantes, poudres fonctionnelles ou champignons médicinaux. J’ai trouvé l’idée passionnante, mais il existait encore très peu de pédagogie autour de ces usages. Je ne savais pas vraiment comment consommer ces produits de manière éclairée. Alors je suis allée trouver les informations par moi-même. J’ai rencontré des personnalités comme Clément Thomas, expert en nutrition fonctionnelle et optimisation du poids, ou le Dr Devon Conti, spécialiste de la santé intestinale et de la nutrition inflammatoire. J’ai travaillé avec plusieurs laboratoires, comme Vitafoods, afin de comprendre les mécanismes d’une boisson réellement saine : les formulations, les dosages, la qualité des matières premières.

À l’époque, à Paris, l’offre se limitait souvent à des coffee shops proposant des matchas de mauvaise qualité, des collagènes peu exigeants ou des sirops très sucrées sous couvert de wellness. C’est ainsi qu’est né 48 Collagen Café, devenu aujourd’hui 48CC, pensé comme un espace fédérateur autour d’une nouvelle culture du soin avec des boissons à la fois saines, fonctionnelles et désirables. Pourquoi le collagène ? À cette époque, j’en consommais beaucoup pour soulager une arthrose héréditaire. Très vite, j’ai observé des effets plus globaux : une meilleure mobilité, mais aussi une peau plus dense, plus lumineuse, plus résistante. Le 48CC part de cette volonté de partager ce type de connaissance. 

Comment ton éducation familiale a-t-elle nourri cette vision ?

J’ai grandi entre deux univers presque opposés. D’un côté, la campagne jurassienne, très brute, très vivante : le potager, les saisons, les fraises des bois, les tomates cueillies dans le jardin, cette relation instinctive au vivant et aux cycles naturels. Il y avait quelque chose de profondément sensoriel dans cette enfance. Et de l’autre, un environnement extrêmement médicalisé. Ma famille compte des pharmaciens, des médecins, des chirurgiens, des dermatologues, des infirmières. J’ai grandi entourée de conversations sur le soin, le corps, les traitements. Très tôt, j’ai ressenti une forme de fracture entre ces deux mondes : d’un côté, une approche très allopathique, centrée sur le symptôme et la réparation ; de l’autre, quelque chose de beaucoup plus intuitif, organique et préventif. Aujourd’hui, toute ma démarche consiste justement à créer un dialogue entre ces deux visions : la puissance du vivant, des plantes, des nutriments et la rigueur scientifique. Je ne crois pas qu’il faille opposer science et nature. Je pense au contraire que l’avenir du wellness se situe précisément dans cette réconciliation.

On sent chez 48CC une vraie notion de soin. Est-ce l’ADN de la marque ?

Complètement. Pour moi, 48CC n’est pas simplement un café wellness. C’est une marque de soin au sens large. Très tôt, nous avons organisé des masterclass avec des médecins, des spécialistes de la physiologie, du métabolisme ou du collagène. J’avais envie de créer un lieu qui ne soit pas uniquement dans l’image ou la tendance, mais aussi dans la compréhension. Nous vivons dans un environnement extrêmement oxydatif : stress chronique, pollution, alimentation transformée, surcharge mentale permanente. Notre métabolisme n’a jamais été conçu pour fonctionner dans un tel contexte. Je pense qu’il faut aujourd’hui réapprendre à soutenir le corps avec douceur, intelligence et régularité. J’aime beaucoup le parallèle avec l’overview effect des astronautes : lorsqu’ils voient la Terre depuis l’espace, ils prennent conscience de sa fragilité. J’aimerais provoquer quelque chose de similaire, mais à l’échelle de soi-même : un regard plus conscient, plus tendre, plus lucide sur son propre corps. Je crois que notre génération commence à comprendre que prendre soin de soi ne doit pas commencer au moment où le corps s’effondre. Il faut apprendre à le faire beaucoup plus tôt, avec la même attention que celle déjà accordée à la peau ou à l’esthétique.


Le wellness a explosé ces dernières années. Qu’est-ce que ce phénomène dit de notre époque ?

Je pense sincèrement que le Covid a été un immense révélateur collectif. Avant cela, nous étions dans un rythme extrêmement automatique : métro, boulot, dodo. Nous n’avions plus vraiment le temps d’écouter ce que notre corps traversait. Le ralentissement imposé a forcé beaucoup de personnes à se regarder autrement. On a vu émerger un besoin très fort de yoga, de sport, d’alimentation plus saine, de routines plus conscientes. Les gens ont commencé à questionner leur mode de vie, leur niveau de stress, leur sommeil, leur énergie. Le wellness a explosé parce que nous avons collectivement réalisé que la santé était fragile et surtout qu’elle ne concernait pas uniquement la maladie, mais aussi la qualité de vie, l’énergie, la récupération ou la capacité à se sentir aligné. Je pense aussi que les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur. La nouvelle génération a grandi avec une conscience très forte du corps, de l’image et du soin de soi. 

Cette quête de mieux-être ne risque-t-elle pas de devenir une nouvelle injonction à mieux vieillir, mieux fonctionner, mieux performer ?

C’est précisément ce que nous essayons d’éviter. Je refuse totalement l’idée d’un wellness punitif ou obsessionnel. Chez 48CC, nous ne parlons jamais de performance. Nous essayons plutôt de transmettre des fondamentaux : le corps fonctionne comme un écosystème. Il n’existe pas d’ingrédient miracle, pas de poudre magique, pas de raccourci vers une forme de perfection. En revanche, il existe une multitude de petits gestes capables de transformer profondément la manière dont on vieillit, récupère ou traverse le quotidien. Pour moi, le wellness ne devrait jamais devenir une injonction supplémentaire. Il devrait être une manière plus douce d’habiter son corps, avec davantage d’écoute et de responsabilité.

On est passé du bien-être au biohacking, à la longévité, au well-aging. Que disent ces nouveaux mots ?

Le vocabulaire a clairement évolué. Le mot bien-être évoquait autrefois quelque chose de ponctuel, presque récréatif : une thalasso, un massage occasionnel, une parenthèse. Aujourd’hui, le wellness s’est intégré au quotidien. On parle de longévité, de récupération, de système nerveux, de biohacking. Mais il faut aussi dédramatiser ce terme. Pour moi, le biohacking, c’est simplement l’idée d’utiliser intelligemment ce que le vivant nous offre afin de mieux soutenir notre organisme dans un environnement devenu artificiel. Nous vivons loin de la nature, nous respirons un air pollué, nous mangeons des aliments transformés, nous dormons mal, nous sommes en hyperstimulation permanente. Finalement, nous biohackons surtout pour retrouver quelque chose de profondément physiologique. Il ne s’agit pas de devenir surhumain. Il s’agit plutôt de revenir à un équilibre que notre mode de vie moderne a progressivement désorganisé.

Ta communauté semble très en demande de recommandations et de repères. Comment la guides-tu ?

Aujourd’hui, les gens ont besoin d’être guidés, parce qu’il y a énormément de sujets mal abordés, beaucoup d’informations fausses ou simplifiées sur les réseaux sociaux, et énormément de marketing autour du wellness. C’est pour cela que j’ai publié le Paris Wellness Guide et créé le Wellness Genius Board, un groupe WhatsApp qui rassemble un écosystème fiable autour du soin et de la santé préventive. Il y a des médecins, des scientifiques, des experts, des passionnés, des personnalités très pointues. Pour optimiser sa santé, il faut d’abord être éclairé. Il faut lire, se documenter, comprendre, s’entourer des bonnes personnes (des professionnels de santé, des experts..) et pas uniquement d’influenceurs. Chez 48CC, nous parlons souvent de science-backed, parce que nous essayons toujours d’adosser notre discours à une base scientifique solide et à des personnes compétentes. L’idée est aussi de rendre ces sujets accessibles à des personnes qui n’ont pas forcément fait d’études médicales ou scientifiques. La santé, c’est une multitude d’actions. Ce n’est jamais un seul ingrédient glissé dans un beau packaging avec un claim séduisant.

Comment fais-tu le tri parmi toutes les tendances ?

Je regarde d’abord s’il existe des publications, des études, de la littérature scientifique. Ensuite, je m’appuie énormément sur le board que j’ai constitué. Je peux poser une question sur un ingrédient, un dosage, une association ou une pratique et obtenir rapidement un avis éclairé de personnes formées en biologie, physiologie, médecine ou sciences. Prenons la contraste-thérapie : c’est une pratique passionnante, mais elle ne convient pas forcément à toutes les femmes, notamment lorsque le cortisol est déjà très élevé ou que l’on est proche du burn-out. Mettre le corps dans un stress peut être bénéfique lorsque l’on est en bonne santé, mais devenir trop intense lorsque l’organisme est déjà fragilisé. C’est précisément pour cela que la guidance est essentielle. Avec Fanny, nous avons créé le guide parce que nous étions souvent déçues lorsque nous testions des lieux qui ne nous avaient pas été recommandés par quelqu’un de confiance. Nous voulions créer un véritable outil d’orientation vers les bonnes adresses.

Justement, peux-tu nous parler du Paris Wellness Guide ?

Je l’ai créé avec Fanny, ma meilleure amie depuis seize ans, qui est aussi directrice de la communication de OhMyCream. Nous sommes toutes les deux passionnées par le fait de prendre soin des gens, par la beauté au sens large : le sport, la skincare, les thérapies, les massages, le drainage lymphatique, les soins du visage, les traitements, mais aussi le sound healing, la méditation guidée, tout ce qui peut améliorer un état physique, mental ou énergétique. Le mental et l’énergie sont fondamentaux. Ils conditionnent énormément de choses derrière. Avec ce guide, nous voulions accompagner les personnes qui vivent en ville et les aider à ne pas se tromper. Les soins représentent un budget. Nous avons donc voulu proposer aussi bien des adresses accessibles que des lieux plus premium, afin que chacun puisse trouver une pratique adaptée à son besoin, à son budget et au moment de vie qu’il traverse. La première version était centrée sur Paris. La deuxième sera consacrée aux escapes : où partir à trois heures de Paris, pour se régénérer ? Nous avons travaillé sur l’Espagne, Londres, la Suisse, l’Italie, la France, notamment la région PACA ou Biarritz. L’idée est d’accompagner une nouvelle manière de voyager où le luxe devient aussi une capacité à se régénérer.

Comment imagines-tu les lieux de soin de demain ?

Je pense que tout va devenir beaucoup plus fonctionnel. Les vacances ne sont plus uniquement associées au cocktail, à l’alcool, à la bronzette ou à la fête. Bien sûr, le lâcher-prise reste essentiel mais je crois beaucoup au 80/20 : 80 % de discipline, 20 % de plaisir et de liberté. Les espaces wellness de demain proposeront autre chose : des soins du visage intégrant la respiration, la LED, la sophrologie, la régulation du système nerveux. Tout ce que la science nous apprend aujourd’hui sur la santé globale. 

Je pense aussi que le lieu de soin de demain sera chez soi. Les appartements intégreront progressivement des infrastructures de régénération. Cela peut passer par des tapis de grounding, des outils de respiration, de méditation guidée, des systèmes de filtration de l’eau, des dispositifs intégrés à la douche, de la lumière, des brumes, des plantes…

Quelles sont les grandes tendances wellness du moment ?

Il y a évidemment la contraste-thérapie, avec des centres qui se développent énormément.

On voit aussi l’essor des appareil de fitness Lagree, qui se pratiquent en position inclinée sur les genoux. On sort progressivement d’une vision cardio/ high frequency du sport pour aller vers un travail plus profond, notamment autour des fascias.

Il y a l’essor de l’oxygénothérapie. Par exemple l’hyperbare, une discipline médicale qui consiste à traiter les patients avec de l’oxygène à très forte concentration. Cette pratique aide à la récupération après un accident, un stress émotionnel important ou un rythme de vie très intense. Ou des pratiques de réoxygénation, comme le HIAT (entraînement d’endurance à haute intensité) où l’on respire de l’oxygène avec un masque pendant trente minutes afin de créer une forme de stress positif. C’est d’ailleurs ce que faisait Lance Armstrong lorsqu’il allait s’entraîner en altitude afin de renforcer sa résistance grâce à des phases de basse oxygénation.

Il y a aussi la cryothérapie, qui repose sur cette logique de renforcement : exposer le corps à un froid extrême pendant quelques minutes afin de provoquer une réponse adaptative et soutenir l’énergie cellulaire, notamment au niveau mitochondrial.

Et puis à côté de ça, il y a un vrai retour à la cohésion sociale dans ces lieux de wellness. Les gens sont de plus en plus isolés en ville, ce qui est très délétère à terme. Même dans les salles de sport, chacun reste dans son coin avec ses écouteurs. Les nouveaux espaces de soin créent une forme de communauté. On vient aussi y chercher du lien, de la reconnexion.

Que penses-tu de l’approche d’ILSE dans cette culture wellness ?

Je trouve qu’ILSE correspond complètement à notre approche et à notre philosophie : utiliser ce que la nature propose de meilleur, avec la meilleure extraction possible, dans le respect des actifs, des saisons et des récoltes. J’aime beaucoup cette idée de prendre ce que la nature offre au bon moment puis de venir l’augmenter. Chez 48CC, nous parlons de “café augmenté” : nous enrichissons des nutriments naturellement présents afin de leur donner une action bénéfique. Je retrouve cela chez ILSE. Et puis j’aime l’approche globale, ILSE touche au corps, au mental mais aussi à un système encore trop peu connu : la lymphe. Une bonne circulation lymphatique est essentielle pour détoxifier le corps. Sans cela, le corps manque d’énergie. Bref ce sont des rituels hyper faciles à intégrer dans son quotidien, de véritables hacks pour le corps.

 

48CollagenCafé

48 Rue La Fayette, 75009 Paris

ouvert du mardi au samedi - 11h à 19h

 

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